triste journée

Publié le par naejlou

bonjour, soir, nuit

Rien ne sert d'exemple aux hommes attroupés, vient et revient la guerre, partent et meurent les hommes.
 Entre se battre pour leur dignité et la liberté et se battre pour les folies mégalomanes de quelques maréchaux et généraux obtus et obstinés, de quelques intérêts nationaux et financiers belliqueux, ils n'ont pas vraiment choisi; les voilà partis comme les chansons disaient , les voilà partis, la fleur au fusil; les beaux et laids, les bons et mauvais, les faux et vrais, les courageux et les peureux, les forts et les faibles, les croyants et les incroyants, les grandes gueules et les silencieux, les revanchards et les humanistes; les voilà tous, hommes jeunes encore, sur la liste des condamnés à l' horreur, à piétiner dans les bourbiers aux ordres imbéciles de la hiérarchie militaire, à mélanger leurs différences dans le sang boueux des charniers de ces champs d' honneur, de ces champs d'horreur.
est il guerrier celui qui de la tranchée abruti par l'alcool, prisonnier entre le barbelé  et le fusil du devoir pour la patrie pointé dans le dos par l' officier arrogant, abruti par les ordres hurlés, a peur de la mort ...est il courageux et fier, celui là, soldat brisé dans sa beauté d' homme, pour quelques mètres à gagner, à perdre, s' accroche à l'image d'une mère, d'une femme au regard bienveillant, au ventre doux et abondant de bonheur, d' un enfant tendre, souriant et plein d'avenir.
Homme debout, es tu guerrier quand tu pleures affolé, à ces souvenirs heureux, et que tu te lances tremblant, sans désir, rampant  sur le ventre sale de la terre déchiquetée, pour y mêler ton sang et tes entrailles, dans le chant de l'acier fusant , ta vie, tes bonheurs, ton histoire tranchés net par la mitraille; es tu guerrier quand à bout, debout bras tendus au ciel tonnant tu appelles perdu, la balle, l'obus, la mort rapide et sans souffrances; es tu guerrier quand la tête dans la boue, ta bouche s'emplit de cette terre maudite gorgée du sang noir de tes amis, et de ceux que tes chefs appelaient les ennemis, et que ton dernier souffle est celui d' un cri ... es tu guerrier, ou restes tu un homme ?

en photo les dernières fleurs de mon jardin;
et puisque le 11 novembre tambourine mon esprit comme un avis à la population de mobilisation générale, j'offre ce bouquet à ceux et celles qui ont maudit ces guerres, ces massacres; aux soldats français qui ont été exécutés par des officiers français et par leur "patrie", à ceux qui ont retourné leurs armes contre ces gradés zélés,  aux insoumis, aux déserteurs, aux désobéissants...
aux morts de peur, à  tous ceux qui n'ont pas été décorés ou qui ont refusé les honneurs, à tous ceux qui ont raconté la vérité du charnier, à tous ceux que cette saloperie de patrie a mis au banc des accusés de trahison, à tous ceux qui ont tiré en l'air ou qui se sont laissés mourir parcequ' ils ne voulaient pas, qu'ils ne pouvaient, qu'ils ne savaient pas tuer; à tous ceux qui ont regardé leurs ennemis comme des hommes non comme des assassins...
à tous ces morts pour rien ...

au revoir


Publié dans textes et photos

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S. 14/11/2008 09:44

Oui... Un texte qui remue...
Très beau !

Azalaïs 13/11/2008 21:04

j'ai aussi écrit un article sur ce sujet"solitudes", en mémoire de mon grand père mort à Craonne.
mais tu as raison, c'était une guerre à la con juste pour que quelques uns(toujours les mêmes, les industriels de la mort) s'en mettent plein les fouilles!
merci de ta visite

fab 12/11/2008 23:58

la poésie rivalise avec la justesse des mots :-)
big bisous

revelise 12/11/2008 20:18

Voila un joli bouquet, et un texte très fort, bisous

Claude 12/11/2008 19:56

BRAVO ! bien dit !...