la campagne

Publié le par naejlou

bonjour, soir, nuit


Samedi je suis allé faire un petit tour à la campagne . Pour donner un coup de main à un ami et participer à l'abattage et tronçonnage d'un grand peuplier, tellement grand qu'il menaçait la toiture neuve de la vieille maison de ce pote.
 Devant le danger et surtout le refus obstiné du peuplier de récupérer ses branches, de faire son sac, prendre ses racines à son tronc,( jambes à son cou en langage humain) ses cliques et ses claques et de s'en aller menacer tranquillement ailleurs, mon ami bien tristement, décida d' abattre cet arbre obtus en bois, (il faut le préciser) majestueux . Ne souriez pas incultes que vous êtes quand vous saurez qu'il existe des arbres à cames (en acier eh oui!!) . 
 Me voilà donc parti vers la drôme des collines, et plus précisément brrrrrr, en direction, de ce que les indigènes de là bas appellent  "les terres froides" .
 Chaque fois que j' y fais un voyage, je pars tendu, angoissé et même effrayé. M'aventurer dans cet endroit  polaire ne m'a jamais rassuré ; la peur d'être pris dans une tourmente de neige, écrasé dans mon véhicule automobile par un sérac se brisant sans prévenir dans la pente glacée, ou pire être dévoré vivant, attaqué par un ours affamé et le comble de l' horreur enlevé par un yéti et réduit jusqu'à la fin de mes jours à l'esclavage, par cette sale bête.
 Mais il me faut prendre sur moi et afin de ne pas passer pour un poltron m'armer de courage et de volonté, sans tarder prendre la route périlleuse des terres froides.
 Arrivé sur place je salue quelques copines et copains se préparant à l'ouvrage. Mon ami me reçoit avec chaleur, ce qui est préférable tant le vent aigrelet qui balaie la colline est froid et désagéable. Le ciel est beau et bleu, mais figé. Il fait toujours beau là bas d'ailleurs, car le froid est si vif que les nuages poussés par la bise glacée, pressés de rejoindre les doux rivages méditerranéens, font un grand détour pour ne pas geler sur place.
 Le dicton de cette région hostile n'est il pas ? "b'jour gars, belle journée pour se les peler !"(  prononcé avec un belle envergure de voix mâle, même par les femmes et les enfants );  nos aïeux et leur sagesse comprenaient tout et savaient si bien imager leur rude vie !
 Nous voilà donc au pied de l'arbre et déjà dans les branchages s'active un cosmonaute armé d'une  tronçonneuse . Il s'assure mieux qu'à la Maaf, avec cordes,  rappels, jumar (poignée pour remonter le long de la corde où l'acrobate alpiniste est suspendu). Il va pouvoir commencer à attaquer l'arbre maintenant éploré; ah oui ! parceque jusqu'au dernier moment ce ballot de peuplier a cru qu'il serait gracié et que le gugusse armé d'une tronçonneuse allait seulement lui faire une petite coupe coiffeur, un rafraîchissement léger. Quel âne! quand au fil des heures le tarzan tronçonneur sautant de branche en branche tel un écureuil, sous les yeux et les gloussements admiratifs des femmes en pâmoison, eut ratatiné la fière allure du grand arbre, celui ci sut que c' en était fini. Trop tard ...
Les branches tombaient et se brisaient au sol tels les stalagtites des grottes de Giens après une secousse tellurique .
Au sol, pour faire bonne figure, et ne pas passer pour un glandeur intéressé uniquement par la bouffe prévue à midi, ses apéros et petits verres divers, je me saisis d'une petite tronçonneuse fort nerveuse et très bien affutée .
 Mes instincts féroces et destructeurs allaient pouvoir ressurgir et s'exprimer dans un bruit pétaradant et des odeurs d'huile de graissage, d'essence mal consumée .
 Je revivais enfin, dans cette ambiance apocalyptique, plantant la lame d'acier tranchant dans le bois tendre et encore frémissant du végétal sacrifié . Quelle plénitude, quelle sensation de puissance que celle du tronçonneur débitant sans sentiments la branche gisante !
 Dans cette atmosphère guerrière et polluée de bruits et fumées, dans cette campagne pure, aérée, sereine, je  respirais à nouveau à grands poumons avec une jouissance à peine cachée .
 J'allais bien mériter aussi le repas chaud mitonné avec amour par mon ami.  Chili con carne, mets succulent en outre dans ces conditions extrêmes de travail et se survie; menu qui à l'instar des cassoulets et gigots d'agneau flageolets,  a l'immense attention de vous rappeler quelques heures après, en fin de digestion, par une musique pétante baroque et pas rock ce que vous avez mangé au repas .
 Quelques massacres à la tronçonneuse plus tard, je quittais le champ de bataille et  regagnais heureux homme accompli, fier de la  besogne mon chez moi citadin et douillet .
 Le grand peuplier s'était déjà pas mal dépeuplé de ses branches ...

 Demain si j'ai un peu de temps, vous aurez droit à l' épilogue .
 pour vous faire patienter   photos arbreP1070040.jpg
l'arbre et le cosmonaute à la tronçonneuse ; et hop une branche en moins !
 

chiliP1070047.jpgpétomanes, à vos assiettes ! 

Publié dans textes et photos

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D
dis-moi que ce n'est pas toi en haut de l'arbre ;-))) tu me payes, je monte pas bisous et bonne soirée
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G
On dirait des vosgiens tes gars quand tu les décris... <br /> Vertigineuse la photo ! Vivement demain ;-)
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S
Le pauvre.
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